africaine

Diwàn
murmure dans tes boucles à la soie de tes lèvresafricaine cuivrée
le ciel rebondit dans tes yeux
et y laisse son empreinte signe de toi


ton corps de liane
m’enroule m’ondulepiment vaudou
écarlate
à l’or de ton baiser
splendeur boubou

à l’opium de ta peau
parfum de ton secret

mille saveurs senteurs
le long de tes hanches à ta bouche
déchirent ma chair de jouir

ta bouche source fleuve
m’attire m’enlise

ta croupe chute de reins
ton ventre marelle
cascade de ton sexe à ta bouche

i voire
au nectar de ta source
à l’arabesque de ta carresse

coeur frémissant
aux mailles de tes doigts

le moment du monde

Laisse l’inattendu se fixer dans l’inattendu

le fond du geste tendu
ouvert

laisse dire ce rien

entrevu
dévoilé

Le geste puise à sa source
porte sur ses ailes la masse du monde

parole vivifiante aux frontières de soi
et portant ses sens ouverts
à l’écoute du poème qui se crée
me crée dans ce moment du monde.

De feuille en feuille se déflore le regard
se perd dans l’entour
immergé dans la relation
diffuse

incertaine
danse tourbillonante

Temps d’y aller voir
s’y immiscer
pour y prendre
racines

Se jeter
dans ce foisonnement de rythmes

Tenter d’ouvrir le cercle

y faire une ronde
y maintenir l ‘étincelle

vivante
humaine
y voir ce qui s’y ouvre.

Envole l’immaginaire vers ce qui se crée
tout l’ingurgité doit bien ressortir
digéré
porteur d’une vie nouvelle

et renaître en ce moment .

l’écho de la lumière

c’est dans le moment oû l’on est assis dans l’herbe
ce grand espace où tout se joue

arbre terre vert lumière

qui réveille comme un vieux mythe
la lumière vivante

qui frappe comme un écho

à qui l’immaginaire répond
se plait à y voir des histoires

Pulsions
rêveries
le dos
à l’arbre
promenades
où la pensée s’envole
forme regard
se perpétue


Une envie d’aller y voir

effort ricochet
où l ‘oeil et la main
rebondissent
dialogue sans arrêt aux aguets

C’est s’évader par l’invention
déjouer le piège de l’attendu
qui cache ce qui palpite
le simplifie
l’édulcore
le ramène à notre plus simple expression

Une alchimie de la vision interne
au filtre d’amour et de vie
à la jouissance du regard
actée dans le geste
qui seul en témoigne

Réminiscence et acte total
où tout essaye d’être dit.

corps de la voix

Voir ce qui se meut
le geste
lance un chant

une poétique à la croisée
de la nature et de l’homme

la voix aspire l’espace la lumière
projette cette lueur particulière

vigueur et présence en un souffle

dans ce rythme

couleurs qui battent
mesures qui accordent
matérialité ancienne
lumière dissonante

palabres mélodies cadences

champs chemins lisières

entrevus comme un rêve
dans le corps de cette voix

vieil aêde
à l’ocre de la terre
ouvre
l’espace
de tes pas

l’écho
dans la mémoire
s’accorde
à la réminiscence

chant
ciselé
scandé
tissé

couleur
de cette douceur d’aimer et de vivre
… origan

étreinte

Terre qui le nourrit

romarins

senteurs

qui relate à la couleur

au souffle

des rouges bleus verts

cristal

calins d’or

soleil

redit les épices de la vision

luz

de tout ce qui vit

meurt

surgit

et s’efface

un désir

tourbillon frénétique

battement à tout rompre

pulsation

à l’épuisement de ce sang bouillonnant

voix

étreinte

ivresse de la couleur

qu’il porte en soi et rythme au dela

une poésie des sens

musique de la présence

désir de s’élancer dans cette danse de Shiva

sentir

respirer

rendre son pareil à la vision

enchantementambourrinement

insensé

de oui …………

je suis vivant

présence

La nature est le lieu de son enracinement

filiation
dont il porte témoignage
en le redécouvrant

voisinage
de cette longue habitude de voir

regard
qui se penche
creuse
découvre au sein de la présence

paysage
lieu arpenté
déambulation
conversation intime

avec ce qui y croit
marche
qui puise à sa source
meurt
brille
et s’y cache

ce que lui voit

la sensation
mouvement
qui le sort de lui même
et lui donne sens en l ‘accordant

lumière
qui donne vie
à ce qui s’anime dans la couleur

sentant
affirmant
scandant
son enracinement

signe
qui exprime
à travers la marque du vivant
relation à ce qui vit
établit présence

couleur
forme
parfum
forme
dessin
mouvance
flagrance
absence
ombre

la forme abstraite
comme un mot
dessine le contours

vie interne à chaque chose
mouvement du dedans

et danse de part et d’autre

dans tout ça…

invocation

Mémoire
à travers la matière
sonorité d’une langue ancienne
inarticulée

l’écho en est cette empreinte

trace
densité incontournable
brute
massive

ancrage

s’impose dans l’espace
crée espace

air eau fer roche feu
métal pierre arbre forêt

vibrent d ‘un souffle archaïqueracines imperceptibles et immatérielles
plongent dans le corps de la terre à travers le sien propre



la voix s’élève
cisèle le rêve dans la masse du monde

Euskal herridit ce pressentiment d’être

au vent de la forge
au murmure de l’air

ouvert
vers
l’immensité d’être
agur…

le lieu des hommes

Ce sont les lieus
les lieus même de la forme

l’homme et ses vies s’y développent dans une intimité avec la terre

terreau tournoyant
vert et terre
oû le visage de l’homme en sa glaise
devient le lieu

reconnu ensemencé indissocié

miroir de l’homme en sa perpétuation

le lieu de sa germination .

chène d’Obaba

L’ocre envahit la rue qui descend, l’ombre repose au creux des pierres

Au balcon bariolé rêve le sourire calypso de la maison des fleurs

Oiselle orientale encagée derrière ces murs, tes soupirs de senteur perlent aux branches orangées ;

Plénitude
la montagne rejoint l’immensité
courbure de femme à l’aurore de nos sens.
Harmonies au bleu vif du ciel
forêts martelées à l’incandescence

Au bois sacré l’or exulte au feu de la couleur
l’été se dresse au vert de son accomplissement
affirmation sanguine à l’ombre des racines assoiffées


Averse
aura diaphane

Eveil au rêve des lutins à la brume

Elancement de la sève
éblouissement floral
embrasement au seuil de l’air


Torsades améthystes
ramures chrysalides
en écorces australes

L’eau rousse s’éclabousse en mur jaune
au bleu vacillant
l’indigo marine s’enlace aux algues des rochers


Robe au vent de ton ultime visage
la voile s’ouvre au coeur de l’onde
rose frémit à l’échancrure du bleu

Chêne d’Obaba
euphorie tellurique au souffle de Pan

milles ailes en bec
harpe d’oiseaux
au feuillage du cristal de l’air ,

La mousse crépite à l’ombre vieille
en noeuds des runes

à l’embranchement végétal
l’humus s’arbre aux plis du temps

Calligraphie ultime
la chaleur minérale roucoule au rire irisé

temps suspendu
méditation au fil de l’eau
coques d’air en barques vives

Au seuil du monde
arborescence aux pentes des collines

en bas serpente un filet d’eau pure .

peindre

les couleurs parlent du coeur qui bat, d’un ailleurs que l’on rêve comme un signe.

Peindre aussi cette musique que l’on entend autours des choses et des êtres et qui devient comme une danse, un chant que l’on voudrait voir devenir réalité et partager.

Un chateau, une rivière, la chaleur du soleil à midi et l’amour qui nait où l’on peut faire halte
et retrouver le cours de soi même ;
Puiser au fond de soi et autour de soi ce qui y dort, qui est le ferment du lendemain ;


cet ailleurs que l’on sera demain,

un enracinement vers son horizon,

A chaque instant retrouver sa trace, donner chair et formes à ses rêves, ses idées, ses désirs pour qu’ils ne soient plus chimères et brumes

simple évocation ou métaphore grandiloquente d’un instant fait de rien où l’on entrevoit un monde,
ce que l’on cherche et que l’on veut retenir.